UN ARTISTE NE MEURT JAMAIS…

J’étais, cet après midi (ce samedi 22 décembre 2018), à la librairie de France Abidjan Mall. Riviera Bonoumin. Yehni Djidji, une auteure ivoirienne, y était en dédicace de son « livre de coloriage » tome 1 et 2 destiné aux enfants (ce sont des ouvrages qui permettent aux enfants de découvrir leur culture en s’amusant).
Après quelques deux heures passées en sa compagnie, je prends deux livres (que j’offrirai). Je me rends à la caisse en vue de régler la facture. Il y a des gens avant moi. Il me faut patienter.
A ce moment, un monsieur, dont c’était le tour d’être reçu à la caisse, sort de son panier de livre un titre qui m’est plus que familier : « Maeva ». C’est l’un des derniers livres de Fatou Fanny Cissé.
A ce moment là, je me demande si cet achat a un rapport avec la disparition de l’illustre hôte. Était-il informé de cette disparition soudaine et terrifiante? Lui rendait-elle hommage de la sorte?
Mais je n’ose pas ouvrir la bouche.
Une autre dame près de se faire servir sort un autre livre de la même auteur. Il s’agit de « Deux femmes un mari ».
Cette fois-ci je n’arrive pas à me retenir. Je salue la dame et lui demande:
– Vous connaissez l’auteur ?
– Non, me répond-elle avant d’ajouter : 《C’est la première fois que je la découvre. Et vous, vous la connaissez ?》
– Oui… marmotté-je.

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J’ai eu un grand pincement au coeur en pensant que cette auteure que la dame découvrait aujourd’hui avait été rappelée à Dieu hier. Cette scène m’a fait méditer un brin sur le sens de la vie. Qu’est-ce que la vie, sinon une étincelle, une flamme qu’une seule goute de pluie peut éteindre à tout moment. Et personne n’y échappera. Alors, pour le (peu de) temps qu’il nous reste à vivre, vivons pleinement, profitons du moindre sourire, créons su bonheur autour nous et ne perdons pas une seule seconde à haïr ou détester, car en fin de compte… la vie, c’est le présent. Et rien d’autre !

Mais ma satisfaction, si infime soit-elle, c’est que les oeuvres de Fatou Cissé lui survivront. A travers ces/ses lecteurs d’hier, d’aujourd’hui et de demain.
Adieu Fatou Fanny Cissé
Que ton âme repose en paix.

*En plus d’être une écrivaine ivoirienne à succès, Fatou Fanny Cissé était aussi maître de conférences en lettres modernes à l’université Félix Houphouët Boigny de Cocody Abidjan.

Son roman « Madame la présidente » a reçu plusieurs distinctions, notamment dans une université américaine (aux USA).

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